POURQUOI ‘SANS QUOTA’?

Dr. Pamela Chrabieh

Dr. Pamela Chrabieh
2013, Lebanon

Suite à la publication d’une de mes citations concernant ma critique du quota de 30% revendiqué pour les femmes en politique au Liban, certains commentaires émis soulignèrent le caractère ‘illogique’ d’une telle revendication, de mesure ‘anormale’, voire d’un impensable puisque, les alternatives ne seraient que des rêves fous et que le choix le plus sûr et donc pensable et faisable serait de militer pour un quota minimal au sein du Parlement ou pour une « minorité critique » minimale – 30% .

Il est évident que nous nous entendons toutes en tant que féministes sur la nécessité de l’avancement des droits des femmes à tous les niveaux, et que nous œuvrons toutes, chacune selon son approche, tant individuellement que collectivement, à améliorer la situation de celles-ci.

Il est évident que mon opinion et ma revendication n’ont nullement pour objectif d’aliéner celles des autres. Je juge les quotas minimums, et les quotas en tous genres, philosophiquement et ontologiquement insupportables, au-delà donc de leur qualification de ‘mesures pragmatiques indispensables’ selon certains-es.

Il est évident que j’appelle à un débat élargi en société appuyé sur des recherches qualitatives et quantitatives, à l’issue desquels un consensus serait trouvé, une sorte d’unité dans la diversité des voies-x féministes du pays.

Il est évident aussi – disons que j’espère cette évidence – que l’ancienne technique de « sièges réservés » considérant les femmes comme une catégorie vague et indistincte soit considérée comme obsolète.

Certes, j’entends dire que le quota de 30% serait appliqué en tant que mesure temporaire jusqu’à ce que toutes les barrières empêchant l’entrée des femmes en politique soient tombées. Certes, la plupart des quotas visent à augmenter la présence des femmes, parce que le problème habituellement posé est précisément leur sous-représentation. Certes, les arguments favorables aux quotas sont-ils nombreux, parmi lesquels : les quotas de femmes ne sont pas discriminatoires, ils servent à compenser les handicaps qui ôtent aux femmes la part des sièges qui leur revient; les quotas impliquent la présence de plusieurs femmes dans un organe donné, réduisant ainsi la pression exercée sur une femme alibi qui serait seule ; etc.

Toutefois, et à mon avis, les arguments contraires ou qui soulignent les bémols sont à prendre en considération, notamment :

1) Il est probable que des quotas inférieurs ou égaux à un tiers freinent l’accroissement de la représentation féminine ou n’y contribuent guère. Dans l’ex-RDA, un certain nombre de sièges étaient réservés aux représentants des organisations, parmi lesquelles les associations féminines officielles. Si le nombre de femmes au parlement d’Allemagne de l’Est a augmenté pendant les années 70 et 80, ce n’est pas parce que les organisations féminines ont reçu davantage de sièges, mais parce que les femmes ont été plus nombreuses à remplir les places réservées aux syndicats et aux organisations de jeunesse.

2) les quotas ne sont pas démocratiques, car les électeurs doivent être ceux qui décident des élections – donc si l’on milite pour un Liban démocratique, il va falloir nous débarrasser de tous les quotas, dont en premier lieu les quotas confessionnels. Je crains le renforcement du phénomène de balkanisation de la politique libanaise. En effet, chaque groupe social se constituerait en lobby luttant pour une politique de quotas adaptée à ses besoins, et la fracturation sociale serait renforcée. Je dois rappeler ici le lien inextricable entre quotas confessionnels et quotas de tous ordres… Soit on adopte des quotas de toutes catégories et on cesse de demander l’abolition des quotas confessionnels, soit on opère le contraire.

3) les quotas impliquent que le sexe intervient plutôt que les qualifications dans la dévolution du pouvoir politique et qu’ainsi certains des candidats les plus compétents sont écartés. Que faire de la méritocratie ? Serait-elle donc sélective ? La méritocratie pouvant être mise en doute suite à l’adoption de quotas, une certaine suspicion sera présente, laissant croire que les femmes ont été promues sur la base de leur genre et non sur celle de leur mérite et de leurs compétences. Aux Etats-Unis par exemple, la ” discrimination positive ” provoque une suspicion généralisée par rapport aux compétences réelles de chaque américain de couleur qui aura réussi. Un Noir américain peut très bien être naturellement brillant, mais par la faute de la mauvaise réputation de ses collègues Noirs ” engagé d’office “, les entreprises se méfieront toujours de son CV exceptionnel lors d’un entretien d’embauche. Ainsi, à force de contredire un marché de l’emploi qui retrouve un nouvel équilibre malgré ces mesures artificielles, la ” discrimination positive ” favorise l’émergence d’une authentique discrimination négative…. Par ailleurs, si la discrimination positive a permis d’émanciper les “intouchables” en Inde, elle légitime les inégalités fondées sur les castes qui sont pourtant interdites par la constitution. Le fait d’apporter de l’aide à des minorités revient à reconnaître qu’elles existent dans un État où chaque individu est de droit égal à l’autre. En cherchant à réduire l’influence des castes, l’État a fait l’inverse en reconnaissant une hiérarchie entre elles. La discrimination positive a stigmatisé les “intouchables”, les aborigènes et les basses castes, elle a pu leur donner une mentalité d’«assistés ». Lorsque le Premier ministre V.P. Singh, au pouvoir en 1990 décida pour la première fois de mettre en place des quotas de basses castes dans la fonction publique, il provoqua la colère des hautes castes, qui comme, en 1981, décidèrent d’organiser une sanglante révolte. Après de nombreux morts, la cour suprême donna en 1992, un coût d’arrêt au dangereux projet. Depuis, cette question n’a jamais été remise à l’ordre du jour, mais pour combien de temps ?

4) certaines femmes ne veulent pas être élues simplement parce qu’elles sont des femmes – j’en fais partie, et bien d’autres féministes aussi d’ailleurs. Je voudrais être considérée non seulement en tant que femme, mais en tant que citoyenne, égale à l’homme citoyen, et dans le seul intérêt de la communauté des citoyens.

5) Un règlement ne se suffit pas à lui-même. Un système de quota n’atteint généralement son objectif qu’en fonction des procédures d’application. Si ces dernières ne font pas l’objet d’une volonté politique établie, tout quota, qu’il soit de 30, de 40 ou de 50% restera vain. Le quota doit, dès le début, être intégré dans le processus de sélection et de désignation. Si le quota ne s’applique qu’à la dernière étape du processus, il est généralement fort difficile de le mettre en pratique. Pour qu’un système de quota porte ses fruits, il faut : • Que les partis politiques s’impliquent activement dans le recrutement d’un nombre suffisant de femmes qualifiées pour satisfaire le quota; • une masse critique de femmes, et non pas quelques membres alibis, qui soit suffisante pour exercer une influence sur la règle et le comportement politiques; • des femmes dont la force de persuasion personnelle ou la position féministe spécifique peut influencer le processus de décision.

Le simple vote d’un règlement qui assure aux femmes un pourcentage de sièges n’est pas suffisant. L’étape suivante concernant l’application est critique. Pour mettre le quota en pratique, il ne faut pas oublier que : • Plus le texte du règlement est vague, plus grand est le risque d’une mauvaise application, un quota peut avoir été décidé sans pour autant que le nombre de femmes augmente;• la pression des organisations féminines et d’associations diverses est nécessaire pour obtenir des résultats satisfaisants; • des sanctions doivent être prévues en cas de non-observation des exigences de quotas.

6) on ne peut résoudre la représentation des femmes par le seul système du quota. Les partis politiques, le système éducatif, les associations, les syndicats, les institutions religieuses… chacun doit prendre la responsabilité de promouvoir systématiquement la participation des femmes en politique, dans son propre sein, tout au long de la hiérarchie. Chacun devrait œuvrer à améliorer la situation des femmes, sociale, religieuse, économique, etc. Une ‘réforme’ des mentalités individuelles et collectives s’impose… Et pour que cette réforme ou révolte/révolution advienne, ou du moins s’enclenche, il faudrait compter les efforts combinés d’une majeure partie de la société civile. Or, celle-ci, à ce jour, est malheureusement disloquée. Les tours d’ivoire n’y manquent pas, et la véritable coopération est quasi-absente.

7) le quota est une épée à double tranchant. D’un côté il oblige les hommes à penser que les femmes doivent participer au processus de décision et que les hommes doivent laisser des espaces pour les femmes – et de surcroît, certains y verront une manière de ‘perdre la face’. D’un autre côté, étant donné que ce sont les hommes qui créent ces espaces, ils vont chercher des femmes qu’ils seront à même de diriger, des femmes disposées à accepter facilement l’hégémonie masculine. Il est intéressant de noter que certains gouvernements, dans des États arabes en particulier, utilisent en fait le système de quota à leur avantage. En faisant entrer un plus grand nombre de femmes soigneusement choisies, les gouvernements remplissent un double objectif : bénéficier de la présence de femmes alibis « contrôlables », tout en prétendant favoriser la promotion de la participation des femmes à la politique.

8) l’attribution à un groupe d’individus d’une certaine protection et garantie supplémentaires, tend, et l’Histoire regorge d’exemples, dont notre histoire libanaise, à la perception de ces droits de la part de ses détracteurs comme étant des droits acquis. Et qui dit acquis dit possibilité de retrait, ou de conflit.

9) en tant que féministe, je ne crois pas en l’équation sine qua non FEMME = FEMINISTE. Bien d’hommes sont plus féministes que bien de femmes lesquelles alimentent le système patriarcal de gré ou de force. Qui dit FEMME, ne dit pas nécessairement LIBERALE, LAIQUE (au sens de promouvant la séparation religion-politique), PROGRESSISTE, REVOLUTIONNAIRE, etc. versus l’HOMME qui serait conservateur et confessant. Qui dit FEMME n’implique pas automatiquement PLUS ENCLINE QUE L’HOMME A FAIRE AVANCER LES CAUSES DE L’IVG, DU CONGE MATERNITE, DU DROIT A L’EGALITE DES CHANCES ET DES SALAIRES DANS TOUS LES EMPLOIS PRIVES ET LES POSTES PUBLICS. Ce n’est pas le pourcentage de femmes actives dans la gouvernance des pays qui devrait être recherché  autant que le travail législatif et réformateur de ces dernières. Il est vrai que chaque individu défend en premier lieu, par instinct de survie et par désir de domination, les intérêts de son ‘genre’, mais au Liban, le ‘genre’ qui tend à s’imposer relève plus de l’appartenance religieuse/confessionnelle/tribale/familiale etc. avant qu’il ne soit une question de différence de sexes !

10) à mon avis, revendiquer un quota pour les femmes voudrait dire que celles-ci sont trop faibles pour faire valoir leurs droits et qu’elles auraient besoin d’une garantie légale pour y arriver. Rien n’empêche des femmes de s’imposer sur la scène politique libanaise d’aujourd’hui. Les femmes de charisme et de compétence ne manquent pas. Mais la solidarité est quasi-inexistante, l’indépendance économique de même, et les limites inhérentes au système socio-politique actuel basé entre autres sur le patriarcat et alimentant ce dernier, constituent des obstacles majeurs à cette imposition.

11) la constitution libanaise stipule, dans l’article 7, l’égalité de tous les citoyens devant la loi et leur égale jouissance des droits civils et politiques ainsi que de leur égal assujettissement aux charges et devoirs publics, sans distinction aucune. Commençons à revendiquer l’application de cet article à tous les niveaux, et pas moins ! Egalité des chances et des droits en premier lieu, et l’égalité des résultats suivra.

Est-il possible d’augmenter la représentation des femmes en politique de manière substantielle et qualitative sans quotas imposés? Oui… Le Danemark, la Norvège et la Suède, sont reconnus pour avoir un très haut pourcentage de femmes en politique. Les pays nordiques ont le taux de représentation féminine le plus haut du monde. Il a commencé à augmenter depuis une trentaine d’années. Cette augmentation de la représentation féminine n’est pas passée par un amendement constitutionnel ni par un texte obligatoire quelconque. Elle doit être attribuée en grande partie à la pression soutenue que les groupes de femmes ont exercée à l’intérieur des partis et à celle du mouvement féministe en général. Les femmes se sont mobilisées et ont organisé une campagne en faveur de l’augmentation du nombre de candidates, et de candidates en position éligibles sur les listes électorales. Cette pression s’est exercée sur tous les partis politiques scandinaves. Certains ont répondu par l’adoption du système de quotas, mais, dans trois pays scandinaves, il s’agit d’une décision prise par les partis et applicable aux partis eux-mêmes. Les quotas ont été introduits dans les partis sociaux-démocrates et dans les autres partis de gauche pendant les années 70 et 80, tandis que la plupart des partis du centre et de droite considéraient le quota comme une mesure contraire à la politique libérale.

Est-il plus facile d’imposer un quota de femmes ? Il apparaît évident que oui lorsque d’autres quotas, professionnels, religieux ou ethniques, par exemple, sont déjà en vigueur. Dans un grand nombre de pays on trouve un système de quotas régionaux selon lequel les sièges sont distribués aux diverses régions, non pas en fonction de la population, mais pour favoriser certaines régions par rapport à d’autres.

TOUTEFOIS, RECHERCHE-T-ON LA FACILITE OU LA DURABILITE QUALITATIVE ?

Parfaire la démocratie, c’est toujours prendre des risques, mesurer les avantages et les inconvénients possibles de mesures volontaristes, oser expérimenter pour construire une société plus équilibrée.

FINALEMENT, CONCERNANT LA PARITE :

La parité signifie la représentation égale entre deux groupes, et en l’occurrence la répartition égale entre les hommes et les femmes, qui sont à part égale dans notre société et se partagent l’humanité. Son introduction dans la loi vise à remédier à l’insuffisance du bilan de l’éligibilité des femmes. La loi dite sur « la parité » du 6 juin 2000 (France) par exemple, vise à favoriser l’accès des femmes aux fonctions électives. Elle contraint les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes pour les élections régionales, municipales (dans les communes de 3 500 habitants et plus), sénatoriales (à la proportionnelle) et européennes. Elle prévoit aussi de pénaliser financièrement les partis ou groupements politiques qui ne respectent pas le principe de parité lors de la désignation des candidats pour les élections législatives.

Toutefois, la parité dont je parle, en lignée avec l’égalité des citoyens/ des humains que je revendique, n’est pas un objectif uniquement quantitatif à atteindre avec le temps, et non une obligation imposable d’emblée. Il ne s’agit pas non plus d’une finalité immuable. Car, à la première question-titre de mon article ‘Pourquoi pas la parité ?’, je répondis par d’autres questions : ‘Et pourquoi pas plus de femmes que d’hommes ?’ – je fais remarquer ici qu’un quota qui se situerait dans une fourchette de 40% minimum à 60% maximum peut empêcher une représentation féminine plus importante qui permettrait aux femmes de dominer une assemblée, comme les hommes ont si bien su le faire dans l’Histoire et comme ils le font encore dans la plupart des parlements du monde – ; ‘Et pourquoi parler du quantitatif tout court ? – donc, pourquoi ‘PAS DE QUOTA’ ?’.

A mon avis, le qualitatif prime sur le quantitatif tout en étant complémentaires. Ce qui m’importe, c’est que l’on considère les prochains élus sur la base de la compétence, du mérite, des qualités humaines et des services rendus à la nation, de la contribution à l’amélioration du ‘genre libanais’ en particulier et du ‘genre humain’ en général. Pour ceux et celles qui, comme Martin Luther King autrefois, rêvent d’un avenir « indifférent à la couleur de la peau, de la religion et du sexe », l’inconvénient est que les mesures prises au nom de la diversité ont tendance à accorder une place essentielle à l’origine religieuse, ethnique et sexuelle. Loin d’atténuer les différences ou de mieux les gérer en une unité qui transcenderait les lignes de démarcation, elles les institutionnalisent et les sacralisent.

EN FAIT, JE NE SOUHAITE NI QUOTA MINIMUM NI PARITE AU SENS QUANTITATIF DU TERME, mais JE SOUHAITE UNE PLUS GRANDE PARTICIPATION ET REPRESENTATION QUALITATIVE DE FEMMES EN POLITIQUE, TOUT EN DEMANDANT UN MEME NIVEAU DE QUALITE POUR LES HOMMES.

Pourquoi substituer au principe constitutionnel de l’égalité des citoyens celui de l’égalité entre les sexes? L’argument de leur différence n’a servi qu’à justifier l’infériorité des femmes: au regard de luttes anciennes et de victoires si récemment acquises, je ne suis pas la seule à juger que l’inscription de cette différence dans la Constitution ou en tant que loi constituera une régression. Lorsque je lutte pour les droits des femmes, je le fais toujours dans une optique plus large, celle des droits des citoyens et des droits humains.

Et puis, si l’on veut vraiment promouvoir les femmes, commençons par les rendre visibles et les capaciter dans tous les milieux…! A l’école, l’université, les milieux de la recherche, les milieux médiatiques et les institutions privées de tous ordres ! Révisons les livres scolaires et proposons-en de nouveaux, ainsi que les pédagogies adoptées dans les maternelles qui différencient les garçons et les filles ! Introduisons dans les universités un cours obligatoire sur les droits humains – dont les droits des femmes- et la citoyenneté. Conduisons-nous envers nos filles et nos garçons de la même manière dans nos maisons ! Réjouissons-nous d’avoir des filles autant que des garçons ! Encourageons nos filles à s’épanouir et s’auto-affirmer, à devenir leaders, meneuses, chercheures, créatrices, etc., non des suiveuses, des accrocs de la perfection physique, en compétition féroce pour le prétendant/prince charmant qui soi-disant sauverait leur honneur et leur avenir ! Créons de nouveaux partis politiques qui seraient a-confessionnels ou appelant à une voie médiane entre le confessionnel et l’a-confessionnel. Investissons-nous en tant que femmes dans les secteurs tabous comme en sciences des religions. Produisons un nouveau savoir et disséminons-le dans tous les secteurs, dans les villes et les villages, ainsi qu’en ligne, plateforme prisée par les nouvelles générations. Organisons des séminaires, des tables de dialogue, des workshops, des activités de conscientisation. Incitons les femmes qui ont les moyens financiers d’investir dans la capacitation de femmes moins nanties et dans l’éclosion de petites et moyennes entreprises (incubators). Trouvons des moyens pour avancer la cause des salariés-ées à tous les niveaux. Contribuons à hausser le taux des femmes actives dans le marché du travail au-delà du piètre 20%. Remplaçons la culture des ‘Mondanités’ laquelle n’apporte absolument rien dans l’évolution de notre société, ainsi que la culture du copier-coller, par une culture de femmes productrices et créatrices – et d’hommes producteurs et créateurs de surcroît! etc.

Des femmes – et des hommes avec elles – font déjà cet exercice, tant à titre individuel qu’au sein d’associations civiles et ONGs. Je salue vivement leurs travaux et leur courage. Reste à renforcer ces lieux alternatifs au patriarcat embiant et à créer des ponts entre ceux-ci.

About Dr. Pamela Chrabieh

Lebanese-Canadian Doctor of Sciences of Religions (University of Montreal, QC, Canada). Associate Professor of Middle Eastern Studies (American University in Dubai). Artist, Author, Blogger, Activist, and Mother of one daughter. Founder of the 'Red Lips High Heels' movement.

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36 Responses to POURQUOI ‘SANS QUOTA’?

  1. Khairallah khairallah May 3, 2013 at 7:38 am #

    Superbe votre article Dre Chrabieh! Quel courage! Surtout en sachant que bien d’autres femmes et hommes militent pour le quota minimum!

  2. Maribelle Loutfi May 3, 2013 at 7:39 am #

    Chère docteure Chrabieh, j’ai lu avec grand intérêt votre article. Je dois avouer que j’étais à 100% pour le quota de 30%, mais l’approche que vous présentez a de la pertinence et les arguments avancés m’interpellent. Merci!

  3. anonymous May 3, 2013 at 7:40 am #

    Moi je suis pour un quota minimum et je ne suis ouverte à aucune autre alternative! Le pragmatisme et point à la ligne!

  4. Aisha (Belgique) May 3, 2013 at 7:41 am #

    Oui pour le ‘sans quota’! On en a assez des répartitions différenciées!!!! Et puis certains d’entre nous en ont assez du confessionnalisme!

  5. Loutfi Honein May 3, 2013 at 7:42 am #

    Great article Dr. Chrabieh! Good points you raised!
    Keep up this constructive work!

  6. Karim Chalfoun May 3, 2013 at 7:43 am #

    Je suis pour l’égalité hommes-femmes. et l’égalité socio-économique. et l’égalité politique. etc. Si un 50% est un premier objectif, ce serait de loin meilleur qu’un 30%. Je connais bien de femmes compétentes, de loin plus compétentes que toutes ces ‘mauviettes’ d’hommes au Parlement.

  7. Leila Majdalani May 3, 2013 at 7:46 am #

    Les quotas ont été utilisés de façon sélective dans certains États membres de l’Union européenne et sont considérés comme des mesures temporaires destinées à compenser l’inégalité de la représentation des femmes dans la vie publique. Il existe deux types de quotas visant à accroître la participation des femmes à la vie politique, tant au cours des élections qu’aux postes de responsabilité au sein du gouvernement ou de l’administration publique. Il s’agit soit

    de quotas imposés par la législtion nationale, soit
    de quotas créés par les partis politiques
    Les quotas imposés par les législations nationales ont pour but d’influencer le résultat d’une élection, à savoir de garantir qu’un certain nombre ou pourcentage de sièges soit réservé aux femmes. Les quotas établis par les partis politiques visent à influer sur les candidatures; ce résultat est obtenu en s’assurant qu’un nombre spécifique de candidats sont des femmes ou qu’aucun des deux sexes ne dépasse un certain nombre sur les listes électorales.

    A quel système de quotas appellent les détracteurs des quotas au Liban?

  8. Leila Majdalani May 3, 2013 at 7:49 am #

    Critiques à l’égard des quotas

    Lorsque des programmes d’actions positives revêtant la forme de quotas ont été introduits, des résultats notables ont été enregistrés concernant une augmentation des femmes réussissant à être candidates (et obtenant un poste de responsabilité au sein du gouvernement). Le recours aux quotas reste toutefois controversé.

    Les critiques à l’égard des quotas portent notamment sur:

    l’équité de tels mécanismes
    le fait de savoir s’il ne s’agit pas d’une politique de pure forme
    l’instauration d’une hiérarchie entre les députés élus “au mérite” après être passés par toutes les étapes du processus électoral et les femmes députées élues sur des sièges réservés
    le fait de savoir si cela suffit à influer sur la représentation ou des femmes ou si d’autres mesures spécifiques sont nécessaires pour en renforcer l’effet.

    Les détracteurs des systèmes de quotas dénoncent leur caractère discriminatoire, interventionniste et foncièrement non démocratique. De nombreux pays (parmi lesquels l’Italie, le Royaume-Uni et la France) ont renoncé à l’utilisation de quotas au niveau national en indiquant qu’ils sont par essence contraires au précepte de l’égalité entre les deux sexes, telle qu’elle est inscrite dans leur constitution ou leur droit national.

    Les quotas visant à accroître le nombre de femmes dans la vie politique ont été dénoncés comme étant discriminatoires à l’encontre d’autres groupes sous-représentés dans la société: si les femmes sont représentées grâce à des quotas, pourquoi d’autres groupes ne pourraient-ils l’être de la même façon? De plus, il a été dit que l’adoption d’un amendement constitutionnel serait une mesure permanente plutôt que temporaire destinées à compenser l’absence de femmes dans les mandats électifs.

    “Oui, le système de quotas a facilitél’accès des femmes, non seulement dans les partis appliquant les quotas mais également dans d’autres partis. Les quotas, une fois en place, ne sont pas remis en question mais l’introduction de quotas stricts peut créer des remous: évincer des politiciens en place au profit de femmes moins expérimentées peut être mal perçu”
    Extrait de la contribution de la Suède sur l’évaluation des systèmes de quotas, cité dans Inter-Parliamentary Union (1997:75).

    Les critiques à l’égard des quotas dénoncent également leur aspect “alibis”, affirmant que les compétences individuelles et l’engagement politique devraient être à l’origine du choix plutôt que le besoin de garantir la représentation d’un certain nombre de femmes au Parlement. Au Royaume-Uni, les femmes détiennent 28% des postes publics, chiffre obtenu en l’absence de quotas. Le gouvernement britannique a affirmé que le recours aux quotas irait à l’encontre des efforts déployés par les femmes pour faire juger au mérite leurs compétences. Le risque existe également que les quotas instaurent une hiérarchie entre les députés eux-mêmes, entre ceux qui ont été élus sans l’aide des quotas (et qui sont passés par tous les stades du processus de sélection) et qui se sentent supérieurs à ceux qui ont eu recours aux quotas. Cette dérive dévalorise le rôle déjà mineur que détiennent les femmes dans la vie publique.

    Enfin, les quotas ne peuvent être considérés comme le remède absolu à la sous-représentation des femmes dans la vie publique. Le recours aux quotas doit s’accompagner d’autres mesures, telles que la place des femmes en position d’éligibilitésur les listes électorales. L’exemple du Parti socialiste belge qui, en dépit de l’application d’un quota d’un tiers sur les listes du parti, a moins d’un tiers de femmes élues parce que les quotas ne portent pas sur la place des femmes sur la liste présentée par le parti et que celles-ci figurent souvent en bas de liste (Inter-Parliamentary Union, 1997:75), illustre ce qui précède. La Belgique, seul pays doté d’une loi instaurant des quotas, n’apparaît qu’au onzième rang dans l’Union européenne en ce qui concerne le nombre de femmes parlementaires.

    Parmi les autres mesures nécessaires figurent une information plus soutenue pour encourager davantage de femmes à présenter leur candidature ( élargissant ainsi l’éventail des candidates et des compétences à partir desquelles s’effectue le choix), l’installation d’un plus grand nombre de femmes àdes positions politiques en vue et la mise en place de pratiques de travail plus compatibles avec la vie de famille au sein des parlements.

    Tout en restant controversés, les quotas font l’objet de fréquents débats au sein des parlements des États membres. Bien que les quotas aient été souvent rejetés comme moyen de corriger le déséquilibre entre les sexes au sein des parlements, le débat dont ils font l’objet a le mérite d’attirer l’attention sur l’existence de ce déséquilibre et exige des solutions pratiques pour remédier à cette situation qui perdure.

    Là où des quotas ont été adoptés, a été constaté également un effet “boule de neige” dans la mesure où d’autres partis ont réalisé que la sélection ou la nomination d’un plus grand nombre de femmes (avec ou sans l’intermédiaire de quotas) est un moyen d ‘élargir leur électorat.

    Source: http://www.europarl.europa.eu/workingpapers/femm/w10/4_fr.htm

  9. Dr. Pamela Chrabieh May 3, 2013 at 7:51 am #

    Merci à toutes et tous !

  10. Marie Chartouni May 3, 2013 at 8:07 am #

    La progression annuelle inaccoutumée de près d’un point de pourcentage de la moyenne mondiale de femmes parlementaires en 2012 a démontré une fois de plus que les quotas sont cruciaux si l’on veut combler le déficit entre hommes et femmes dans la vie politique.

    Publiant son analyse annuelle des statistiques sur les femmes parlementaires à la veille de la Journée internationale de la femme (le 8 mars), l’Union interparlementaire (UIP) a constaté que l’année 2012 était une année de progression plus forte qu’à l’accoutumée de la participation des femmes à la vie politique. La moyenne mondiale des femmes dans les parlements fin 2012 s’établissait à 20,3 pour cent, contre 19,5 pour cent en 2011. Hormis l’année 2007, le taux annuel moyen de progression de ces dernières années était de 0,5 point.

    L’application de quotas fixés par la loi ou de quotas volontaires (souvent associés au scrutin proportionnel) dans certains des 48 pays où des élections se sont tenues en 2012 expliquait en grande partie cette progression inhabituelle de la proportion de femmes parlementaires.

    Neuf des 10 pays ayant connu la plus forte progression du nombre de femmes parlementaires à la chambre basse de leur parlement ont appliqué des quotas. Par contre, sept des neuf chambres basses ayant connu une baisse effective de la proportion de femmes parlementaires en leur sein n’appliquaient pas de quotas.

    Globalement, des quotas électoraux ont été appliqués dans 22 des 48 pays qui ont tenu des élections en 2012. Lorsque les quotas étaient imposés par la loi, 24 pour cent des sièges au Parlement sont allés à des femmes. Avec les quotas volontaires, les femmes en ont emporté 22 pour cent. En l’absence de quotas, les femmes n’ont obtenu que 12 pour cent des sièges, bien en deçà de la moyenne mondiale.

    Mais je comprends aussi les arguments que vous avancez Dre Chrabieh, lesquels nous laissent penser sérieusement à la question des quotas… et que finalement, l’objectif serait-il dans les chiffres?

  11. Amelie C. May 3, 2013 at 9:01 am #

    Bonjour docteure! J’ai adoré votre argumentation! Merci pour cet excellent article. Eclairant et rafraichissant dans une société en manque d’alternatives et d’ouverture d’esprit.

  12. Night Shadow May 3, 2013 at 9:02 am #

    Excellent! thank you!! Inspiring!

  13. Dr. Pamela Chrabieh May 3, 2013 at 9:12 am #

    Je vous remercie et que le débat se poursuive. Le plus important au Liban et au Moyen-Orient est que la liberté d’opinion et d’expression puisse exister et ne pas être entravée!

  14. Michel May 3, 2013 at 11:18 am #

    J’approuve a 100% chaque mot de votre étude . Bravo

  15. Karim Chalfoun May 3, 2013 at 5:59 pm #

    Splendide!! Pourquoi n’y a-t-on pas pensé auparavant? Et pourquoi y aurait-il des critiques à l’encontre de cette approche? Ah oui… Nulle n’est prophétesse dans son pays !!

  16. Bilal May 3, 2013 at 6:00 pm #

    Je suis un homme féministe et j’appuie cette initiative. Je suis à 100% pour. Mon épouse de même.

  17. Melanie L. May 3, 2013 at 6:01 pm #

    Bonjour Dre. Chrabieh. Je dois avouer que je suis impressionnée par cet article et par toutes vos publications et votre courage et votre persévérance dans un environnement des plus pernicieux et chaotiques.
    Je ne demanderai non plus moins de l’égalité. Pas de seuil minimum. Si on demande le minimum, on n’obtiendrait que celui-ci et encore…

  18. Dr. Pamela Chrabieh May 3, 2013 at 6:03 pm #

    Je vous remercie de tout coeur pour vos commentaires, support, et même pour ceux et celles qui sont de l’avis contraire d’avoir pris le temps de lire l’article et de participer au débat.

  19. leila mechref May 3, 2013 at 6:42 pm #

    Looking for competent individuals from both genders :)

  20. leila mechref May 3, 2013 at 6:44 pm #

    I am against merely assigning people positions because of their body differences. And I find that quotas insult competent women who can achieve things on their own.

  21. kikou May 3, 2013 at 6:44 pm #

    Let us begin with a 30% people !! If men are willing to give it to us!

  22. Anais Abdul Rahman May 3, 2013 at 6:46 pm #

    To Kikou: no one is going to give women ‘for free’ and gently what they are asking for… there should be a battle! and frankly, I agree with Dr. Chrabieh. 30% shouldn’t be our standard and our goal, even as a ‘temporary and pragmatic’ measure!

  23. anonymous May 3, 2013 at 6:56 pm #

    Thank you Dr. Chrabieh. I Agree!
    And i find it interesting too in the workplace. If quotas are applied, providing gender, age, experience and other differences are considered into a table or matrix to apply to the correct algorithms for selection. I forgot to include, children, number or pets, hobbies and the way the applicant parks a car… ;)

  24. anonymous2 May 3, 2013 at 6:57 pm #

    “It is obviously possible for women to attain positions traditionally held by men, but they have to try HARDer than their male counterparts to have the same chances. This means that the playing field is not level and some kind of corrective measure has to be taken to level it.

    The current structure of our institutions are implicitly discriminatory. They discriminate not in terms of institutionalised laws, but by symbolic annihilation. One can’t help but notice the inconsistencies between the number of female graduates, their grades and their representation in the workplace. Furthermore, the under representation of women in the work place under the current structure suggests a set of possible reasons, all of which have seriously negative implications for women. One, it suggests that women are not capable enough enough to take on traditionally male jobs which is an appallingly sexist and outright sign of ignorance. The other is that women have been, either systematically or by socially accepted norms, been restricted or discouraged from certain jobs.
    Therefore a legislation that seeks to redress the balance will not only serve to eliminate barriers existing for women who try hard, but it will also serve to encourage more women to apply for traditionally male jobs. The latter will have the benefit increasing the poll of potential highly skilled individuals which will ultimately have a positive effect on the economy at large.”

  25. anonymous May 3, 2013 at 6:58 pm #

    To anonymous2: so you mean that sometimes bad things are necessary? The lesser of two evils?

  26. anonymous2 May 3, 2013 at 6:58 pm #

    Yes!

  27. anonymous May 3, 2013 at 6:59 pm #

    mmm…
    and why don’t we try something different for once?? !!! afraid that it would take a lifetime? so be it!!

  28. anonymous May 3, 2013 at 7:02 pm #

    Jobs, including political jobs, should be handed by SKILL not by quota. That would be forcing people who are skilled out of a job in favor of a less capable person just because they don’t fit the quota. Quotas don’t promote “equality”. This would be a total DISASTER. And Lebanon is already in a deep mess!!

    I very much agree that something needs to be done but at the same time I think that quotas are somewhat of an “easy way out”, a less effective easy way out that does not reflect the society. Instead, the focus should lie on involving men in raising children, making them take their share of responsibilities in terms of time spent away from their career.

    If however quotas are implemented, they should be temporary to bridge the current structural differences. Then, there needs to be a sound plan to follow up the changes as well as a sound plan to dismantle quotas after the necessary period.

  29. Lilia May 3, 2013 at 7:03 pm #

    I simply adore this debate and this blog! Thank you Dr. Chrabieh for giving us this opportunity.
    I rather fear that once a law is installed the issue will disappear from the political discourse, while not solved in reality. Even if quotas are reality, they do not solve problems like child care being available for any mother who wants to make a career.

  30. madeleine habchi May 3, 2013 at 7:06 pm #

    If you were to decide between a man and a woman who would you pick? Meritocracy does not always work and there is need for regulation, especially when applicants are equally skilled.

  31. anonymous May 3, 2013 at 7:07 pm #

    To madeleine habchi: The communist Soviets had quotas and we know where this led them – right into civilisational incompetence.
    And… let us not go very far… what about confessional quotas?? as Dr. Chrabieh clearly mentioned those in Lebanon.

  32. Roland Kahwaji May 4, 2013 at 7:50 am #

    Thank you Dr. Chrabieh! We do need public debate about this issue! Obviously not all Lebanese agree on it!

  33. Cynthia Asmar May 4, 2013 at 7:50 am #

    J’adore!! Merci docteure Chrabieh!

  34. Dr Frank Darwiche May 4, 2013 at 8:22 am #

    Je ne peux qu’être d’accord avec ton analyse précise et qui montre un regard qui va plus loin que les petites solutions faciles pour faire taire les femmes et les hommes sur l’appauvrissement politique et intellectuel déplorable de la société libanaise actuelle. Il faut viser l’éducation, une éducation qui donne leur chance à toutes et tous, qui enseigne le respect de l’autre dans tout ce qu’il est, et nous verrons progressivement les femmes, les femmes qui ont de vrais programmes, de vraies pensées pour l’avenir du pays, entrée en lice puis gagner des sièges.

  35. Dr. Pamela Chrabieh May 5, 2013 at 8:50 am #

    Merci Dr. Darwiche!

    Oui, des femmes, et des hommes aussi… Vu la piètre qualité de la plupart des hommes qui gèrent le parlement et les institutions étatiques…

  36. Anabella Farah May 5, 2013 at 8:55 am #

    Je suis d’accord avec vous Dre Chrabieh et avec le Dr Darwiche sur la question de l’éducation, et la révolution des mentalités pour un changement durable dans notre société. Il est vrai que beaucoup d’entre nous en ont assez des quotas de tous ordres! Merci!

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